Numérique et Environnement : la nouvelle feuille de route du gouvernement
Environnement et numérique

Numérique et Environnement : la nouvelle feuille de route du gouvernement

En matière de transition énergétique, le numérique occupe une place centrale. Entamer une transition énergétique implique effectivement de disposer de données et donc de connaissances transverses nécessaires à la compréhension des comportements. Ce n’est que grâce à cette intelligence urbaine que la ville – et à plus large échelle, le pays – peut se permettre d’ambitionner de limiter son impact environnemental et d’atteindre une plus grande résilience. Mais le numérique est lui-même source de dépenses énergétiques, d’eau ou encore de ressources naturelles.

N’oublions pas que la France ambitionne de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 40 % en 2030, par rapport au niveau de 1990 ! S’intéresser à la problématique du numérique dans ce contexte est donc loin d’être vain, d’autant plus que le développement raisonné du secteur servira à la pérennité d’autres. Très récemment, le gouvernement (dont Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique) a publié sa nouvelle feuille de route interministérielle Numérique et Environnement. En ressort une série de 15 actions structurelles destinées à faire évoluer favorablement le panorama français d’ici aux prochaines années. Le point à ce sujet.

Numérique d’aujourd’hui et de demain : avancer vers des horizons plus responsables

Trois axes principaux fortement corrélés.

Le premier consiste à développer la connaissance globale de l’empreinte environnementale du numérique. Cette généralisation est nécessaire pour que les acteurs publics et privés puissent apporter leur soutien à la transition numérique et écologique.

1/ Quantifier

Avant d’agir sur le numérique, il s’agit d’imaginer une méthodologie efficiente de quantification de l’empreinte du numérique.

Selon une étude commandée par le Sénat, environ 2 % des émissions de gaz à effet de serre en France seraient le fait du numérique. Quant à l’impact environnemental global du numérique, il se situe davantage autour de 5 à 10 %.

Au-delà de ces chiffres – déjà révélateurs – quelle est la consommation réelle des acteurs du numérique ? La feuille de route prévoit la mise en place :

  • D’un barème environnemental annuel des acteurs du numérique, piloté par l’ARCEP. L’Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse est en charge de la collecte des données. La démarche est déjà initiée. Désormais, la collecte doit être rendue obligatoire.
  • D’une évaluation de l’impact environnemental du numérique en France, par l’ADEME notamment. Cette étude doit mettre en évidence les perspectives d’évolution de cette empreinte sur la période 2030 – 2050.
  • L’ADEME et l’ARCEP ont été chargés de ces missions à l’automne 2020, lesquelles qui devraient apporter quelques résultats significatifs en 2021. Les conclusions définitives sont attendues pour 2022.

    2/ Maîtriser

    L’enjeu d’une meilleure maîtrise de l’empreinte du numérique n’est aujourd’hui plus débattu. Il faut désormais agir pour un numérique plus éco-responsable, à plusieurs échelles. Deux d’entre elles sont particulièrement stratégiques :

    La fabrication

    Réduire la mobilisation des ressources au moment de la fabrication d’équipements est essentiel : cette phase de conception représente près de 75 % de l’impact environnemental du numérique ! A l’heure actuelle en Europe, moins de 40 % des déchets numériques sont recyclés. En parallèle, ceux-ci sont en hausse de près de 2 % par an en Europe.

    A travers sa feuille de route Numérique et Environnement, l’Etat entend soutenir le développement de l’éco-conception et œuvrer pour une plus grande longévité des produits et services numériques. Il s’agit notamment de clôturer la concertation avec les acteurs du secteur pour définir des actions en faveur de la collecte et du reconditionnement des appareils et de la conception responsable de ces derniers.

    L’usage

    Accompagner la hausse des usages du numérique est indispensable. Si une étude globale sur l’impact du développement des objets connectés est prévue dans la feuille de route, cela n’est pas suffisant. Il faut notamment :

  • Soutenir le développement de data centers plus vertueux, en approfondissant le principe actuel d’éco-conditionnalité pour une taxe réduite sur l’électricité consommée. A partir de 2022, les data centers devront non seulement respecter des bonnes pratiques d’éco-conception mais également de valorisation de la chaleur fatale, notamment.
  • Inciter au réemploi des appareils numériques (la mesure a déjà été introduite en octobre 2020 par le gouvernement). En matière d’usage et pour diminuer l’impact de la fabrication massive d’appareils numériques, la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (10 février 2020) a prévu la mise en place d’un indice de réparabilité au 1er janvier 2021 ainsi que l’allongement de la garantie légale de conformité pour les appareils réparés, notamment.
  • Sensibiliser les français à l’importance d’une sobriété numérique au moyen d’une campagne massive d’information.
  • 3/ Développer

    Le troisième volet de la feuille de route, c’est de faire du numérique un levier de la transition écologique et solidaire. Il s’agit d’investir dans le soutien aux solutions innovantes et notamment celles liées à la 5G, via le 4ème programme d’investissement d’avenir.

    En parallèle, le sénateur Julien Bargeton est chargé de repérer les innovations numériques servant la transition écologique, en vue de massifier ces solutions.

    Enfin, soutenir le numérique c’est également soutenir l’écosystème des Green Techs, notamment via la création d’un fonds d’aide de 300 millions d’euros.

    En quoi le numérique est-il essentiel à la transition écologique ?

    Le numérique dans son ensemble nous aide à mieux cerner nos besoins réels mais aussi à y apporter une réponse plus efficace, plus rapide et moins consommatrice. Meilleure répartition des ressources, meilleure connexion entre les acteurs à tous niveaux, meilleure gestion des bâtiments ou de la mobilité urbaine mais aussi potentiel de compétitivité accru pour les entreprises… A toutes les échelles, le numérique tient une place d’arrière-fond et pourtant toujours prépondérante.

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