Quelle place occupe l’énergie éolienne en France en 2021 ?
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Quelle place occupe l’énergie éolienne en France en 2021 ?

Selon l’AIE (Agence Internationale de l’Energie), le renouvelable a affiché en 2020 la plus haute courbe de croissance depuis 2 décennies à l’échelle mondiale, une croissance avant tout portée par l’éolien (avec 111 GW contre 58 GW en 2019). En France également, la tendance se constate avec des EnR comptant pour 26,9 % dans la consommation finale d’électricité en 2020 soit près de 4 points de plus par rapport à 2019. Quelle place tient l’énergie éolienne cette année et dans quelle mesure est-elle amenée à se développer ? Quelques pistes de réponse.

Que nous dit l’éolien sur les vingt dernières années ?

Comme pour la plupart des EnR, l’éolien a connu une évolution positive assez fulgurante en l’espace de deux décennies tant au niveau du parc disponible que des équipements éoliens. Depuis les années 80, la puissance des turbines éoliennes a par exemple été multipliée par 100 pour atteindre 1 500 à 3 000 kW pour les modèles traditionnels, et de nouveaux équipements dernière génération atteignant les 7 000 kW sont en cours de déploiement.

En 2019, les énergies renouvelables comptaient pour 11,6 % dans le mix énergétique français, avec une part d’1,2 dédiée à l’éolien. Si cette énergie verte est encore peu représentée, nul doute que sa croissance tend à changer la donne.

Vue d’ensemble de l’énergie éolienne en France en 2021

Quelle puissance et production éolienne en France ?

La puissance éolienne terrestre raccordée était de 17,932 GW à la fin du premier trimestre 2021, selon les chiffres officiels publiés par le gouvernement, nous classant en 4ème position européenne des pays produisant le plus d’énergie éolienne. Cela équivaut à 2030 installations réparties sur le territoire soit 20 nouvelles installations et 1 % supplémentaire par rapport au dernier trimestre 2020. Cette croissance faible est également à nuancer, lorsque l’on sait que la puissance raccordée au T1 2021 est 19 % moins élevée qu’à la même période en 2020, ceci du fait de conditions climatiques moins favorables (notamment).

En France au T1 2021, quasiment la moitié de la puissance du parc éolien est située dans les régions Hauts-de-France (5 GW) et Grand Est (3,9 GW). Ce sont également les régions ayant comptabilisé le plus de nouvelle puissance raccordée cette année, avant la Normandie et la Bourgogne. A l’heure actuelle, la production est portée par l’éolien terrestre, mais le nombre d’appels d’offres pour l’éolien offshore est croissant sur les dernières années du fait de la loi de transition énergétique pour une croissante verte promulguée en 2015.

Enfin, l’énergie éolienne a servi à fournir 8,4 % de la consommation électrique nationale sur le premier trimestre.

Combien y a t-il d’éoliennes en France en 2021 ?

La capacité du parc éolien français se calculant sur la puissance en GW et non en nombre d’éolienne à proprement parler, les chiffres exacts sur le nombre d’éoliennes en France en 2021 ne sont pas encore connus. Toutefois, le dernier chiffre officiel de 2018 indique que le parc éolien français était composé de 6500 éoliennes terrestres. En suivant la progression de l’énergie éolienne sur le territoire sur ces dernières années, on estime le nombre d’éoliennes terrestres en France en 2021 à 8000, réparties sur 1380 parcs, en France métropolitaine et d’Outre-Mer. Voici une carte pour visualiser la répartition du parc éolien en France par région : ici.

Quels sont les objectifs de la France en matière d’éolien en France ?

Pour comprendre quelle place tient et tiendra l’éolien en France, il faut s’intéresser à la feuille de route du gouvernement en la matière. S’affranchir des énergies fossiles et du nucléaire est sans conteste un objectif principal. Mais quel rôle tient l’éolien dans ce panorama ?

L’objectif en termes d’éolien en France à l’horizon 2028 est assez ambitieux : entre 33,2 et 34,7 GW pour l’éolien terrestre et 5,2 à 6,2 GW pour l’éolien maritime ou offshore, selon les engagements pris par la France et figurant dans la Programmation Pluriannuelle de l’Energie.

L’éolien est effectivement considérée comme une énergie d’avenir. D’après un rapport de l’ADEME sur le mix énergétique “idéal” à l’horizon 2050, cette énergie domine largement le parc EnR Français avec le solaire, avec un scénario de 199 à 303 TWh contre 54 à 82 tWh pour le solaire et “seulement” 61 TWh pour les filières hydrauliques. Ainsi si en 2020, les éoliennes ont fourni 7,9 % de la production d’électricité en France après l’hydraulique et le nucléaire, la tendance pourrait bel et bien s’inverser d’ici aux prochaines années.

Pour affirmer la présence de l’éolien en France, il faut d’abord favoriser sa durabilité

Pour répondre aux objectifs susmentionnés, il faudra mettre les bouchées doubles et commencer par équilibrer le ratio entre les parcs éoliens effectivement présents en France et les gisements disponibles. En 2016, la France possédait le 4ème parc de production d’énergie éolienne en Europe bien qu’elle se situe en seconde position en termes de gisements ! En cause notamment, des problématiques de rentabilité, de maintenance, d’intégration dans le paysage ou encore de recyclage…

Développer la présence de parcs éoliens en France, c’est faire en sorte de favoriser leur appropriation par la société et donc palier les obstacles économiques, sociaux et environnementaux liés aux éoliennes.

Et oui. Si les émissions de CO2 liées à l’éolien sont seulement de 7 g CO2/kWh d’énergie produite contre près de 55 pour le photovoltaïque par exemple, cette énergie renouvelable dite propre n’est pas exempte d’impact carbone. Non recyclables, les pales d’éoliennes sont effectivement à l’origine d’une pollution environnementale certaine qui est décriée par ses opposants, et pas que. Alors, comment diminuer l’impact carbone des éoliennes ?

Des projets en cours d’élaboration tels que le projet Zebra (lancé en octobre 2020) ont pour objectif de concevoir des pales d’éoliennes 100 % recyclables à base de thermoplastique et surtout, d’en prouver la pertinence technique et la viabilité. Le projet est actuellement piloté par l’Institut de Recherche Technologique (IRT) Jules Verne. Le projet sera-t-il un succès ? Réponse sous 3 ans.